Entretien avec Dominique Boursier, président de l'association "Les Sauveteurs de Demain"
Former les enfants aux gestes qui sauvent : une évidence… qui ne l’est pourtant pas dans le cadre scolaire actuel. C’est de ce constat qu’est née l’association Les Sauveteurs de Demain, engagée pour combler un véritable vide en matière de prévention et de premiers secours chez les plus jeunes.
Une association née d’un constat alarmant
Créée à la suite d’une action initiée par le Lions Club Les Parkeurs de Gujan-Mestras, l’association Les Sauveteurs de Demain est née de chiffres qui ont interpellés ses fondateurs.
Selon les données de Santé Publique France, les accidents domestiques provoquent chaque année environ 11 millions de victimes, entraînant 4,5 millions de passages aux urgences, 500 000 hospitalisations et près de 21 000 décès.
Or, comme le souligne Dominique Boursier, les enfants âgés de 3 à 10 ans ne bénéficient d’aucun apprentissage des gestes de premiers secours à l’école, un choix relevant du cadre réglementaire actuel. Une faille que l’association a décidé de combler.
Des interventions adaptées aux enfants
Les actions de terrain des Sauveteurs de Demain reposent sur un partenariat étroit avec les Lions Clubs locaux, présents partout en France. Ces clubs présentent le projet aux municipalités, qui évaluent ensuite la faisabilité financière selon le nombre d’écoles et l’âge des enfants concernés.
Une fois la convention validée, les formations sont organisées et assurées par des formateurs agréés, issus de la Croix-Rouge, de la Croix-Blanche ou de la Protection Civile.
La pédagogie est spécifiquement adaptée aux enfants : durée de formation limitée, langage accessible, mises en situation concrètes et jeux de rôle, notamment pour apprendre à appeler les secours et décrire une situation d’urgence.
Les enfants repartent également avec des supports pédagogiques concrets, et avec des autocollants à coller dans leur cahier ou sur le réfrigérateur familial, rappelant leur adresse et un numéro à contacter en cas d’urgence — un point essentiel, puisqu’un enfant sur deux ne connaît pas son adresse complète.
Des retours unanimement positifs
Les retours sont particulièrement encourageants. Les enfants participent activement, posent de nombreuses questions et s’approprient rapidement les réflexes enseignés.
Mais l’impact ne s’arrête pas à la salle de classe : une fois rentrés à la maison, les enfants deviennent de véritables sentinelles de la prévention, alertant leurs parents sur les dangers du quotidien.
Témoignage de Sophie Panonacle Sophie Panonacle, Députée de la Gironde (8ᵉ circonscription) marraine de l'association "Les Sauveteurs de Demain"
Produits toxiques mal rangés, poignées de poêle dépassant du plan de cuisson… Les familles témoignent souvent, avec le sourire, de cette « radiographie sécurité » imposée par leurs enfants. Les enseignants, quant à eux, vont parfois jusqu’à demander à être formés à leur tour.
Un appel au soutien pour se développer
Entièrement animée par des bénévoles, l’association s’appuie sur une organisation rigoureuse et transparente. Aucun salaire n’est versé, les comptes sont certifiés par un expert-comptable et chaque dépense est justifiée.
Afin de poursuivre et d’amplifier son action, Les Sauveteurs de Demain s’apprêtent à lancer une campagne de financement participatif. L’objectif : structurer durablement l’association, acquérir du matériel, financer les déplacements et accompagner un déploiement à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, puis au niveau national.
« Nous sommes bénévoles, mais nous travaillons avec un haut niveau d’exigence et de professionnalisme. Pour former les enfants efficacement, il faut des moyens », rappelle Dominique Boursier.
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